Points clés à retenir
  • Le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme étaient les trois systèmes de croyances les plus influents de la Chine ancienne.
  • Le légisme, philosophie rigoureuse du pouvoir d'État, a servi de fondement au gouvernement sous la dynastie Qin.
  • La religion populaire chinoise et la mythologie coexistaient avec les grandes traditions philosophiques et s'y mêlaient.
  • Grande puissance commerciale, la Chine ancienne abritait aussi l'islam, le judaïsme, le christianisme et d'autres religions étrangères.
  • La vie religieuse chinoise était très inclusive, et l'on pratiquait souvent plusieurs traditions à la fois.

On connaît bien le rôle du bouddhisme, du taoïsme et du confucianisme dans la Chine ancienne. On sait moins que, en tant que grande puissance commerciale, la Chine a aussi été façonnée par de nombreuses autres religions, dont le judaïsme et l'islam.

une statue de Bouddha, une main levée, devant un soleil couchant et un ciel orangé
Perché sur l'île de Lantau, à Hong Kong, le Tian Tan Buddha, aussi appelé le Grand Bouddha, est l'un des plus grands Bouddhas assis en bronze du monde et symbolise l'harmonie entre l'homme et la nature.

Poursuivez votre lecture pour découvrir le vaste univers de la religion dans la Chine ancienne, des philosophies nées sur place aux religions mondiales importées. Comprendre ces systèmes de croyances est l'une des meilleures façons de saisir le sens des fêtes chinoises, des valeurs familiales, de l'art et des coutumes du quotidien.

Ce contexte culturel est aussi précieux pour les étudiants en langue. Si votre objectif est d'apprendre le chinois en Chine, connaître les histoires derrière les temples, les fêtes et les proverbes donnera beaucoup plus de sens à vos études.

教

01 Quelles étaient les principales religions de la Chine ancienne ?

La Chine ancienne abritait plusieurs grands systèmes de croyances plutôt qu'une seule religion dominante. Les plus influents étaient le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme, souvent appelés les « trois enseignements », ou 三教 (sānjiào).

À côté de ces traditions, le légisme a façonné la manière de gouverner l'État, tandis que la religion populaire et la mythologie ont marqué la vie quotidienne. Des religions étrangères comme l'islam, le judaïsme et le christianisme sont arrivées plus tard par la route de la soie et les routes commerciales maritimes.

Point essentiel : ces systèmes étaient rarement exclusifs. Il était courant qu'une même personne honore les valeurs confucéennes, fréquente les temples bouddhistes et recoure aux pratiques taoïstes, le tout en même temps.

儒

02 Le confucianisme dans la Chine ancienne : croyances et influence

Le confucianisme, appelé 儒家思想 (Rújiā sīxiǎng), est le système de pensée qui a exercé l'influence la plus profonde sur la culture et la société chinoises. Il met l'accent sur les relations familiales, l'éducation et l'importance des rites.

Le confucianisme a été fondé par Confucius, ou 孔子 (Kǒngzǐ), fonctionnaire et enseignant originaire de la province du Shandong, qui vécut de 551 à 479 av. J.-C. Son enseignement nous est parvenu à travers des textes classiques et de nombreuses citations de Confucius encore récitées dans la Chine moderne.

Les textes classiques confucéens, connus sous le nom de Quatre Livres et Cinq Classiques, ont constitué pendant des siècles la pierre angulaire du système éducatif chinois. Les étudiants devaient démontrer leur maîtrise des doctrines confucéennes lors des examens impériaux, ou 科举考试 (kējǔ kǎoshì), qui servaient à sélectionner les fonctionnaires dans la Chine ancienne.

une peinture traditionnelle montrant des candidats chinois passant l'examen impérial
Dans la Chine ancienne, les fonctionnaires devaient démontrer leur maîtrise des doctrines confucéennes.

La piété filiale : le fondement de la société confucéenne

Une grande partie de l'enseignement de Confucius porte sur la manière d'organiser une société harmonieuse reposant sur la famille comme unité fondamentale. Selon la pensée confucéenne, les relations au sein de la famille doivent être fondées sur la piété filiale, ou 孝 (xiào), ce qui signifie que les plus jeunes doivent respecter et honorer leurs parents, leurs aînés et leurs ancêtres, et leur obéir.

La relation entre parents et enfants n'était que l'une des 5 relations cardinales, ou 五伦 (wǔlún), qui formaient la hiérarchie sociale confucéenne traditionnelle. Ces relations unissaient père et fils, mari et femme, frère aîné et frère cadet, ami et ami, ainsi que souverain et sujet.

Confucius pensait que si chacun remplissait le rôle qui lui était assigné, l'harmonie instaurée au sein de la famille s'étendrait à toute la société. Des fils loyaux et respectueux de leurs parents, raisonnait-il, deviendraient aussi des fonctionnaires loyaux et dévoués.

Même le système juridique de la Chine ancienne reposait sur la hiérarchie confucéenne. Les peines étaient plus ou moins sévères selon la relation entre le coupable et la victime.

peinture chinoise traditionnelle représentant un groupe de lettrés chinois assis ensemble sous un pin, avec du bambou au premier plan
Confucius enseignait que la piété filiale était le fondement d'une société harmonieuse.

Le junzi : le gentleman idéal selon Confucius

Les idées confucéennes sur la vie vertueuse s'incarnent dans le concept de junzi, ou 君子 (jūnzǐ), le gentleman idéal. Les junzi devaient manifester les cinq vertus constantes : la bienveillance (仁 rén), la droiture (义 yì), la bienséance rituelle (礼 lǐ), la sagesse (智 zhì) et la fiabilité (信 xìn).

Confucius insistait fortement à la fois sur l'étude et sur la mise en pratique de ce que l'on a appris. Devenir un junzi était le but ultime du perfectionnement de soi, et Confucius était optimiste quant au potentiel d'amélioration de chaque personne.

Cette importance accordée à l'éducation par le confucianisme est encore visible dans la Chine moderne. Elle résonne dans de nombreux idiomes chinois et proverbes sur l'apprentissage que les élèves rencontrent dès leur plus jeune âge.

peinture chinoise traditionnelle de Confucius, vêtu d'une longue robe, avec une barbe noire, assis sur une chaise de style traditionnel
Le gentleman confucéen idéal devait être bienveillant, droit, fiable et sage.
法

03 Le légisme dans la Chine ancienne : loi, pouvoir et dynastie Qin

Le légisme, ou 法家 (Fǎjiā), est un autre ancien système de pensée qui a eu un impact considérable sur la société chinoise, notamment dans la formation d'une bureaucratie forte. On retrouve des échos de la pensée légiste dans l'importance accordée aujourd'hui à la construction d'une société fondée sur l'État de droit, ou 法治社会 (fǎzhì shèhuì).

Le légisme s'est développé durant la période des Royaumes combattants en Chine (475-221 av. J.-C.). Il a ensuite constitué la base du gouvernement durant la première dynastie impériale de la Chine, celle des Qin (221-207 av. J.-C.). De nombreux historiens considèrent Guan Zhong, le premier ministre de l'État de Qi au VIIe siècle av. J.-C., comme l'un des premiers précurseurs des idées légistes.

Que croyaient les légistes ?

Les légistes pensaient que les êtres humains sont naturellement égoïstes. Selon eux, on ne pouvait pas obtenir la stabilité sociale en comptant sur la vertu et la loyauté du peuple envers ses dirigeants.

Les légistes prônaient plutôt un État fort et l'obéissance absolue des sujets à leurs dirigeants. Pour réaliser cette vision, ils ont mis au point des techniques novatrices de gestion et d'administration, dans l'espoir de bâtir une bureaucratie idéale.

Les légistes réclamaient aussi un système de lois rigide et impersonnel, qui punissait ou récompensait les comportements de manière universelle, quelle que soit la relation entre le coupable et la victime. Pour eux, la prospérité de l'État et sa puissance militaire comptaient plus que le bien-être du peuple, ce qui a suscité plus tard des comparaisons avec le machiavélisme et la Realpolitik.

dessin à l'encre en noir et blanc d'un empereur chinois faisant un geste devant lui d'une main
Les légistes défendaient un État fort où le peuple était gouverné par des lois strictes et impersonnelles.

Légisme contre confucianisme : pourquoi le légisme a décliné

Pendant un temps, le confucianisme et le légisme ont été deux philosophies de gouvernement concurrentes. Sous la dynastie Qin, des lettrés confucéens furent exécutés et leurs livres détruits, lors d'un épisode connu sous le nom de autodafé des livres et enterrement des lettrés.

L'application brutale des lois sous la dynastie Qin rendit le légisme extrêmement impopulaire. Sous la dynastie Han (206 av. J.-C.–220 apr. J.-C.), le légisme fut réprimé, puis finalement abandonné au profit du confucianisme.

peinture chinoise traditionnelle montrant des livres en train de brûler et des lettrés confucéens chinois jetés dans une fosse
Sous la dynastie Qin, les adeptes du légisme détruisirent les œuvres confucéennes et exécutèrent les lettrés confucéens.
道

04 Le taoïsme (daoïsme) : origines, croyances et concept du wu wei

Le taoïsme, ou 道教 (Dàojiào), aussi appelé daoïsme, est une autre grande tradition philosophique et religieuse de la Chine ancienne. Il continue d'exercer une influence importante sur la société chinoise actuelle.

Qui a fondé le taoïsme ?

Laozi, ou 老子 (Lǎozi), est souvent considéré comme le fondateur du taoïsme. Bon nombre des principes de base de cette doctrine sont exposés dans le Tao Te Ching, texte classique qui lui est attribué et qui date du IVe siècle avant notre ère.

Cependant, de nombreuses croyances et traditions taoïstes sont probablement antérieures à Laozi, certaines remontant aux religions populaires préhistoriques. Un exemple est la notion de yin et de yang, qui joue un rôle important dans la cosmologie taoïste et apparaît dans le Tao Te Ching, bien qu'elle ne soit pas née avec le taoïsme.

Aujourd'hui, le symbole du yin yang représente l'équilibre entre le yin (énergie sombre, réceptive, féminine) et le yang (énergie lumineuse, active, masculine). Cette même idée d'équilibre des énergies sous-tend le feng shui, une autre pratique d'inspiration taoïste encore très populaire dans le monde sinophone.

Outre le Tao Te Ching, l'autre texte fondateur du taoïsme est le Zhuangzi, un recueil de récits et d'anecdotes aux thèmes taoïstes. Le taoïsme a obtenu une reconnaissance officielle de l'État sous la dynastie Tang (618–907 de notre ère), lorsque la famille régnante s'est réclamée de la descendance de Laozi et a ajouté des textes taoïstes aux examens impériaux.

dessin en couleur de Laozi, fondateur du taoïsme
Laozi serait le fondateur du taoïsme.

Wu wei : l'art taoïste de suivre le cours des choses

Le taoïsme met l'accent sur l'harmonie entre les humains et le monde naturel, régie par une force spirituelle indéfinissable appelée le dao, ou 道 (dào), parfois traduit par « la voie ». Les taoïstes enseignent que la meilleure façon de vivre une vie sereine est d'être flexible et de suivre le cours naturel de l'univers.

Puisque vouloir imposer sa volonté à l'univers ne fait que troubler son harmonie naturelle, les taoïstes pratiquent une philosophie de non-action appelée wu wei, ou 无为 (wúwéi). Les enseignements taoïstes décrivent souvent cette philosophie par des métaphores liées à l'eau : l'eau peut sembler faible, mais elle surmonte les obstacles en les contournant ou en les traversant simplement.

Les enseignements taoïstes mettent aussi en avant trois vertus connues collectivement sous le nom de Trois Trésors, ou 三宝 (sānbǎo). Ce sont la compassion (慈 cí), la frugalité (俭 jiǎn) et l'humilité (不敢为天下先 bù gǎn wéi tiānxià xiān).

peinture chinoise de style ancien montrant un homme jouant d'un instrument traditionnel sous un bosquet de bambous
Les taoïstes croient que l'univers existe dans un état naturel d'harmonie.

Le rêve du papillon de Zhuangzi : le taoïsme et les limites du connaissable

Aujourd'hui, l'une des histoires taoïstes les plus célèbres est une fable du Zhuangzi sur un philosophe qui rêva qu'il était un papillon. Dans ce récit, Zhuang Zhou rêve qu'il est un papillon, voletant joyeusement, sans savoir qu'il est Zhuang Zhou.

Lorsqu'il se réveille soudain, il est incontestablement redevenu Zhuang Zhou. Pourtant, il ne sait plus s'il est un homme qui a rêvé qu'il était un papillon, ou un papillon qui rêve maintenant qu'il est un homme.

Cette histoire exprime un profond scepticisme philosophique quant à ce que l'on peut connaître du monde. Ce scepticisme est un thème courant du Zhuangzi, qui invite les lecteurs à remettre en question des notions fondamentales comme le bien et le mal, le bon et le mauvais.

le philosophe taoïste Zhuang Zhou dormant sur un rocher et rêvant qu'il est un papillon, tandis que deux papillons volent au-dessus de lui
Cette célèbre histoire taoïste, celle d'un philosophe qui rêva qu'il était un papillon, invite les lecteurs à s'interroger sur la nature de la réalité.
Un professeur du CLI et un étudiant lors d'un cours particulier de chinois à Guilin

Étudiez le chinois à Guilin ou commencez en ligne

Le CLI propose des cours de chinois personnalisés, adaptés à vos objectifs. Rejoignez notre programme d'immersion à Guilin ou commencez où que vous soyez avec un cours de chinois gratuit .

佛

05 Le bouddhisme dans la Chine ancienne : son arrivée et ses croyances

Le bouddhisme, ou 佛教 (Fójiào), aurait été fondé par Siddhartha Gautama en Inde entre le VIe et le IVe siècle avant notre ère. Au fil de sa diffusion en Asie, plusieurs branches se sont développées, dont le Mahayana, le Theravada et le bouddhisme tibétain.

Le bouddhisme est arrivé en Chine par la route de la soie à un moment de la dynastie Han (206 av. J.-C.–220 de notre ère). La forme la plus pratiquée aujourd'hui en Chine est le bouddhisme chinois, qui mêle pratiques bouddhistes et taoïstes.

Les croyances bouddhistes fondamentales : karma, renaissance et nirvana

En général, le bouddhisme enseigne que les êtres humains sont piégés dans un cycle de souffrance terrestre causé par leurs désirs éphémères. Les bouddhistes croient aussi être pris dans un cycle continu de renaissances, qui ne peut être brisé que par l'accumulation de bon karma.

En suivant les enseignements du Bouddha, en particulier le Noble Chemin octuple, les bouddhistes apprennent qu'ils peuvent échapper au cycle du désir, de la souffrance et de la renaissance pour atteindre l'éveil, ou nirvana. Ces enseignements fondamentaux sont résumés dans les Quatre Nobles Vérités, ou 四谛 (sìdì).

un moine bouddhiste au crâne rasé assis dans une prairie herbeuse
Les bouddhistes cherchent à échapper au cycle terrestre de la souffrance et de la renaissance en suivant le Noble Chemin octuple.

Comment le bouddhisme a influencé l'art et la littérature chinois

Le bouddhisme a profondément marqué la culture chinoise, en particulier les arts, où l'imagerie bouddhique occupe souvent une place centrale. Par exemple, les magnifiques grottes de Mogao sont un véritable trésor d'art bouddhique, créé par des générations d'artistes et de pèlerins qui parcouraient la route de la soie.

Le bouddhisme a également profondément influencé la littérature chinoise. La Pérégrination vers l'Ouest, sans doute le plus célèbre des quatre grands romans classiques chinois, est le récit fantaisiste du voyage réel du moine Xuanzang, ou 玄奘 (Xuánzàng), qui se rendit en Inde pour en rapporter des textes bouddhiques sous la dynastie Tang.

trois statues bouddhiques dans un temple
On retrouve les croyances bouddhistes dans de nombreuses œuvres d'art chinoises.
神

06 Religion populaire et mythologie chinoises : dieux, légendes et temples locaux

Outre des systèmes de croyances bien connus comme le bouddhisme, la Chine possède une solide tradition de religion populaire. Les habitants de l'Empire du Milieu d'aujourd'hui héritent d'un riche patrimoine d'histoires mythologiques, et les croyances de la religion populaire et la mythologie chinoise se recoupent souvent.

Qu'est-ce que la religion populaire chinoise ?

La religion populaire chinoise comprend le culte de divers dieux et immortels locaux, ou 神 (shén). Ces divinités sont parfois associées à des phénomènes naturels, parfois ce sont des personnages historiques, et parfois on les dit être les premiers ancêtres de leurs fidèles.

À la campagne, le culte se déroule souvent dans des temples locaux, ou 土地庙 (tǔdìmiào), consacrés aux dieux du village. La vénération des ancêtres reste aussi très visible dans les coutumes actuelles, qu'il s'agisse de brûler du papier monnaie pour les parents défunts ou de fêtes comme la fête des Fantômes.

Comme beaucoup de traditions religieuses chinoises, la religion populaire est très inclusive. Dans certaines régions, il est courant de croire à la fois aux dieux locaux, aux immortels taoïstes et au Bouddha.

un ancien temple de village chinois
De nombreuses régions de la campagne chinoise sont parsemées de temples locaux construits en l'honneur des dieux du village.

Histoires et figures célèbres de la mythologie chinoise

Au fil des millénaires, la Chine a accumulé une immense variété de récits mythologiques. Beaucoup sont des contes fantastiques qui expliquent la création de l'univers, l'origine de l'humanité ou les racines de savoir-faire importants comme la fabrication des remèdes.

La mythologie chinoise n'est pas un système bien ordonné de récits cohérents entre eux. Souvent, plusieurs histoires concurrentes servent à expliquer un même phénomène.

Beaucoup de personnages de la mythologie chinoise sont aussi considérés comme des divinités dans la religion populaire chinoise. Il existe en outre de nombreux échanges entre la mythologie chinoise et le bouddhisme, le taoïsme et le confucianisme.

Parmi les figures les plus connues de la mythologie chinoise, on trouve :

  • Pangu (盘古 Pángǔ), créateur de l'univers
  • Nüwa (女娲 Nǚwā), qui aurait façonné l'humanité à partir d'argile
  • Shennong (神农 Shénnóng), créateur de l'agriculture, du calendrier chinois et de la médecine traditionnelle chinoise
  • Le souverain légendaire Huangdi (黄帝 Huángdì), l'Empereur Jaune, considéré comme l'ancêtre du peuple chinois
  • L'Empereur de Jade (玉皇大帝 Yùhuángdàdì), divinité taoïste considérée comme le souverain du ciel, qui commande à tous les autres dieux

De nombreuses fêtes traditionnelles chinoises, comme la fête de Qingming, la fête de la Mi-Automne et la fête de Qixi, sont associées à des récits mythologiques. La mythologie chinoise regorge aussi d'histoires d'animaux, dans lesquelles les dragons chinois jouent un rôle particulièrement décisif.

La mythologie survit même dans le zodiaque chinois. Divers mythes et légendes expliquent l'ordre et la personnalité des 12 animaux du zodiaque.

une illustration montrant la légende chinoise du Bouvier et de la Tisserande
La fête de Qixi, aussi appelée Saint-Valentin chinoise, est liée à une légende mythologique : celle du Bouvier et de la Tisserande.
融

07 L'islam, le judaïsme et le christianisme dans la Chine ancienne

Outre les systèmes de croyances décrits plus haut, la Chine a été influencée par de nombreuses autres écoles de pensée. Certaines, comme le mohisme, ou 墨家 (Mòjiā), un système de croyances fondé sur l'amour universel, sont nées en Chine, tandis que beaucoup d'autres sont venues de l'étranger.

La diversité religieuse sur la Route maritime de la soie

Pour qui s'intéresse à l'influence des religions étrangères sur la Chine ancienne, il n'y a pas de meilleur point de départ que Quanzhou, une ville portuaire de la province du Fujian. Quanzhou fut jadis le point de départ de la Route maritime de la soie chinoise.

Au Moyen Âge, à l'époque de la dynastie Yuan (1271–1368 de notre ère), des marchands du monde entier affluèrent dans cette ville, apportant avec eux de nombreuses religions venues d'ailleurs. Ce patrimoine multiculturel reste visible sur les pierres tombales de ses résidents étrangers, les fameuses « pierres de Zayton », qui attestent la présence de l'islam, du nestorianisme (une branche ancienne du christianisme), de l'hindouisme et du manichéisme.

peinture de navires anciens voguant sur la mer, avec des mouettes qui volent au premier plan
Sous la dynastie Yuan, des marchands venus du monde entier se rendaient en Chine, apportant leurs religions avec eux.

Les Juifs de Kaifeng : les communautés juives de Chine

La Chine abrite une petite communauté juive à Kaifeng, dans la province du Henan, depuis la dynastie Tang (618–907 de notre ère) ou celle des Song du Nord (960–1127 de notre ère). La plupart des membres de cette communauté ancienne, connue sous le nom de Juifs de Kaifeng, se sont fondus dans la population chinoise, mais une petite communauté juive bien distincte vit encore aujourd'hui à Kaifeng.

China also hosted a sizable community of European Jews, or 犹太人 (Yóutàirén), who arrived in Shanghai after fleeing the Nazis in the 1930s and 40s. At its peak, Shanghai's Jewish community numbered some 20,000 people, though it quickly dispersed after the end of World War II.

estampage d'une stèle de pierre située devant une synagogue juive de Kaifeng, en Chine
Cet estampage, réalisé à partir d'une stèle ancienne d'une synagogue de Kaifeng, témoigne de la longue histoire des communautés juives en Chine.

Les premiers missionnaires chrétiens en Chine

Les missionnaires chrétiens, ou 传教士 (chuánjiàoshì), venus pour la plupart d'Europe, ont exercé une influence considérable sur l'histoire plus récente de la Chine. Les premiers jésuites, en particulier Matteo Ricci, sont remarquables par tous les efforts qu'ils ont déployés pour comprendre la culture et la langue chinoises.

Pour mieux communiquer avec la population locale, beaucoup apprirent non seulement le chinois classique, mais aussi des dialectes chinois régionaux peu connus. Ils s'efforcèrent de faire la synthèse entre les systèmes de croyances chinois et occidentaux, en jetant des ponts entre les savoirs académiques et scientifiques des deux cultures.

croquis de Matteo Ricci et d'un autre missionnaire en Chine
Les premiers missionnaires chrétiens, comme Matteo Ricci, ont déployé de grands efforts pour diffuser leur foi en Chine.

Malgré des épisodes d'opposition locale, les missionnaires européens et américains devinrent de plus en plus actifs après la première guerre de l'opium (1839–1842 de notre ère). Ce fut particulièrement le cas dans les ports ouverts par traité, où les missionnaires construisirent des églises, des écoles et des hôpitaux tout en tentant de convertir la population.

Bien que leurs idées aient souvent été rejetées, tant par les gens ordinaires que par les fonctionnaires, une version déformée du christianisme a animé les instigateurs de la sanglante rébellion des Taiping. Hong Xiuquan, le chef de la rébellion, prétendit même être le frère cadet de Jésus.

De petites communautés chrétiennes existent encore en Chine aujourd'hui. Le christianisme, ou 基督教 (Jīdūjiào), est particulièrement répandu à Hong Kong et, dans une moindre mesure, à Macao.

les ruines de la cathédrale Saint-Paul à Macao
Macao a été autrefois une base importante pour les missionnaires catholiques qui comptaient travailler en Chine, au Japon ou en Asie du Sud-Est.

L'histoire de l'islam en Chine

La Chine et l'islam partagent une longue histoire. En fait, l'islam, ou 伊斯兰教 (Yīsīlánjiào), est présent dans le pays depuis avant la mort du prophète Mahomet en 632 de notre ère.

Bien que la date de sa fondation soit débattue, la mosquée Huaisheng, ou 怀圣寺 (Huáishèngsì), à Canton, aurait été construite en 627 de notre ère, selon la tradition. C'est seulement 17 ans après le moment où le prophète Mahomet aurait commencé à recevoir les révélations.

À ses débuts, l'islam a été introduit en Chine par des commerçants musulmans arrivés par mer et par voie terrestre via la route de la soie. Ces commerçants ont été particulièrement influents sous la dynastie Yuan (1271–1368 de notre ère), lorsque les empereurs mongols leur ont accordé, ainsi qu'à d'autres marchands étrangers, un statut supérieur à celui des Han.

Aujourd'hui, plusieurs minorités ethniques de Chine sont rattachées à l'islam sunnite, notamment les Ouïghours et les Hui. Bien que l'on trouve des musulmans chinois dans toutes les grandes villes, la plupart vivent au Xinjiang, au Gansu, au Ningxia et au Qinghai.

un musulman chinois coiffé d'un bonnet traditionnel, debout devant un mur orné de divers rouleaux portant des inscriptions en arabe
L'histoire de l'islam en Chine remonte à une époque antérieure à la mort du prophète Mahomet.

Les religions des minorités ethniques en Chine

Bien que la plupart des membres des minorités ethniques de Chine se rattachent à l'une des grandes religions évoquées ci-dessus, certains groupes pratiquent encore leurs propres croyances traditionnelles. Par exemple, les Daurs, les Evenks, les Derung, les Hezhen et les Oroqen pratiquent traditionnellement diverses formes de chamanisme et d'animisme.

词

08 Vocabulaire des religions de la Chine ancienne

Les termes suivants vous aideront à comprendre les discussions sur la religion, la philosophie et les croyances, dans la Chine ancienne comme moderne.

Chinois Pinyin Signification
儒家思想 Rújiā sīxiǎng Confucianisme
孝 xiào Piété filiale
君子 jūnzǐ Gentilhomme ; l'homme idéal selon le confucianisme
法家 Fǎjiā Légisme
道教 Dàojiào Taoïsme (daoïsme)
无为 wúwéi Wu wei ; non-action ; action sans effort
佛教 Fójiào Bouddhisme
四谛 sìdì Les Quatre Nobles Vérités
神 shén Dieu ; divinité ; esprit
伊斯兰教 Yīsīlánjiào Islam
基督教 Jīdūjiào Christianisme
犹太人 Yóutàirén Les Juifs
传教士 chuánjiàoshì Missionnaire
问

09 FAQ

Quelles étaient les trois grandes religions de la Chine ancienne ?

Les trois systèmes de croyances les plus influents étaient le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme, appelés collectivement les « trois enseignements ». Le légisme, la religion populaire et la mythologie ont aussi joué un rôle important dans la société chinoise ancienne.

Le confucianisme est-il une religion ou une philosophie ?

Le confucianisme est souvent décrit comme un système éthique et philosophique plutôt que comme une religion, car il met l'accent sur l'harmonie sociale, les relations familiales et l'éducation. Il comporte toutefois des éléments rituels, comme le culte des ancêtres, qui lui donnent une dimension religieuse.

Quand le bouddhisme est-il arrivé en Chine ?

Le bouddhisme est arrivé en Chine par la route de la soie sous la dynastie Han (206 av. J.-C.–220 de notre ère). Avec le temps, il s'est mêlé aux pratiques taoïstes pour former la tradition distincte du bouddhisme chinois.

La Chine ancienne connaissait-elle l'islam, le judaïsme et le christianisme ?

Oui. L'islam est arrivé par le commerce sur la route de la soie et par la mer avant 632 de notre ère, des communautés juives se sont installées à Kaifeng dès l'époque des Tang ou des Song du Nord, et les premières formes de christianisme, comme le nestorianisme, ont atteint la Chine par des ports marchands tels que Quanzhou.

Qu'est-ce que la religion populaire chinoise ?

La religion populaire chinoise repose sur le culte des dieux locaux, des immortels et des ancêtres, souvent dans les temples de village. Elle coexiste avec le bouddhisme, le taoïsme et le confucianisme, et beaucoup de gens pratiquent en même temps des éléments de plusieurs traditions.

终

10 Pour conclure : un creuset religieux

Tout au long de sa longue histoire, la Chine a été profondément influencée par une grande variété de croyances religieuses et philosophiques, certaines locales, d'autres importées. Comprendre cette mosaïque de religions de la Chine ancienne est essentiel pour quiconque souhaite comprendre la culture et la société chinoises modernes.

Une connaissance de base de ces systèmes de croyances vous offrira un nouveau regard sur de nombreux sujets, des caractères chinois aux liens de parenté en chinois, en passant par les proverbes et expressions idiomatiques chinois anciens.

Envie d'en apprendre encore plus sur la culture et la langue chinoises ? Venez étudier avec CLI, à Guilin ou en ligne !

11 Références choisies

  • Stanford Encyclopedia of Philosophy : Confucius, ses enseignements et les cinq vertus constantes. Voir la source →
  • Encyclopaedia Britannica : présentation du légisme et de son rôle dans l'art de gouverner en Chine. Voir la source →
  • Encyclopaedia Britannica : présentation du taoïsme, de ses textes et de ses concepts essentiels. Voir la source →
  • Columbia University, Asia for Educators : le bouddhisme en Chine et son mélange avec les traditions locales. Voir la source →
  • Jewish Virtual Library : l'histoire de la communauté juive de Kaifeng. Voir la source →
  • Remarque : l'histoire des religions comporte des dates et des interprétations débattues, qui varient selon les sources et les traditions. Les dates et récits ci-dessus reflètent les travaux universitaires les plus couramment cités.